Survie

À bas l’impérialisme et l’extrême droite !

(mis en ligne le 1er septembre 2026) - Benoît Godin

Ce mois de septembre ouvre une période aussi cruciale qu’alarmante, celle qui doit nous mener aux élections présidentielles des 18 avril et 2 mai 2027. Plus que huit mois à peine avant l’issue d’un scrutin dont la victoire ne saurait échapper au Rassemblement national (RN), si l’on en croit ce que nous martèle aujourd’hui l’ensemble des instituts de sondages.

Nous ne le répéterons jamais assez : le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella n’est pas que l’héritier de la collaboration avec l’occupant nazi pendant la Seconde guerre mondiale, il est aussi celui du combat contre la décolonisation et l’émancipation des peuples. Parmi les fondateurs du Front national, ancêtre du RN, se trouvaient, aux côtés d’anciens Waffen-SS, des partisans acharnés de l’Algérie française – Le Pen père en tête, lui qui fut engagé volontaire pour combattre, et même torturer, les fellaghas.

Un attachement au colonialisme, passé comme présent, jamais démenti au sein du RN, même depuis sa reprise en main par une Marine Le Pen en quête de respectabilité. « La colonisation a beaucoup apporté », sifflait-elle en avril 2017. « Macron salit l’Histoire de France », chouinait-elle en décembre 2019, après que le chef de l’État ait qualifié le colonialisme de « faute de la République ». « Venir globalement dire que pour l’Algérie, la colonisation était un drame, ce n’est pas vrai », s’obstinait-elle en janvier 2025. « Rien n’est plus important à mes yeux que de tout faire pour défendre cette terre de France dans le Pacifique », bramait-elle à propos de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie en avril dernier. N’en jetons plus !

Pour autant, cet esprit colonial assumé et le racisme évident qui l’accompagne, maintes fois dénoncés par nous et tant d’autres, ne sont plus depuis longtemps des obstacles à la progression du RN dans les urnes. La faute d’abord à une caste politicienne qui n’a cessé de se déporter ces dernières années sur sa droite, reprenant toujours plus à son compte les idées néo-fascistes, notamment autour de la question coloniale, jusqu’à les banaliser dans le discours public. Un phénomène particulièrement criant au centre-droit et à droite, des appellations désormais largement frauduleuses.

Bruno Retailleau qui évoque en septembre 2023 « des heures qui ont été belles, avec des mains tendues » pendant la colonisation en Afrique, Édouard Philippe qui affirme en décembre 2025 que la colonisation n’est pas un « crime », Gabriel Attal qui tente d’exister médiatiquement au cœur de l’été en recyclant un antitsiganisme abject, les trois multipliant les sorties outrancières contre une immigration accusée de tous les maux… La victoire en mai prochain de l’un ou l’autre de ces candidats déclarés signifierait incontestablement elle aussi l’accession au pouvoir de thèses de l’extrême droite traditionnelle – et ce après un double mandat d’Emmanuel Macron déjà dramatiquement orienté de ce côté de l’échiquier politique.

Dans cette persistance, et même ce renouveau, de l’idéologie impérialiste au sein de la société française, la gauche est loin d’être exempte de responsabilités. Y compris son candidat le mieux placé dans les enquêtes d’opinion actuelles, Jean-Luc Mélenchon, très ambivalent sur la question, lui qui ne cesse d’encenser la France « puissance universelle », « seul pays présent sur cinq continents ».

Pour autant, nous ne nous trompons ni d’ennemis, ni d’alliés. Face à l’immense danger d’une extrême droite aux portes du pouvoir, Survie entend s’engager pleinement dans la campagne qui débute. Nous le ferons, sans rien sacrifier de notre indépendance, au sein du camp progressiste, seul espace où vit le nécessaire combat contre le (néo) colonialisme français et ses ravages.

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