
Les 24 heures du Mans ont fini dans le décor pour le président de la société franco-britannique Perenco, François Perrodo, venu spécialement en France depuis sa résidence londonienne pour participer à la célèbre course automobile. Les 11 et 12 juin derniers, la police française a en effet perquisitionné les locaux parisiens de la firme pétrolière de sinistre réputation, ainsi que le domicile de plusieurs de ses dirigeants – dont celui de son pilote-président (Africa Intelligence, 16/06).
Ces perquisitions, demandées par le Parquet national financier (PNF), s’inscrivent dans le cadre d’une enquête ouverte en 2023 pour des faits de corruption d’agent public étranger et « infractions connexes » selon le PNF. L’entreprise est en effet dans le viseur de la justice française pour des soupçons d’emploi fictif impliquant la famille de l’ancien ministre des Hydrocarbures de République démocratique du Congo (RDC), André-Raphaël Loemba, ainsi que pour les conditions d’attribution en 2017 du gisement offshore de Pointe-Noire Grand Fond, également en RDC – pays où Perenco est d’ailleurs le seul opérateur pétrolier. Ajoutez à cela la plainte déposée en France par l’État gabonais en mars dernier, concernant des flux financiers entre la filière locale de Perenco et la famille de l’ex-président Ali Bongo, et le procès pour « préjudice écologique » en RDC prévu d’ici début 2027 toujours en France, et vous obtenez un impressionnant palmarès judiciaire… à défaut d’être automobile !