Survie

Siphonnage franco-gabonais

(mis en ligne le 25 septembre 2026) - Décolonisons, le journal

Après 19 ans d’enquêtes, le Parquet national financier (PNF) a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de treize membres du clan d’Omar Bongo, dictateur du Gabon de 1967 à 2009. Ils sont accusés de recel de détournements de fonds et de corruption dans l’affaire dite des « biens mal acquis » (AFP, 27/07). Le siphonnage des ressources pétrolières du Gabon, en partie recyclées dans la constitution d’un énorme patrimoine immobilier en France, n’a pu se faire sans la complicité d’acteurs français. Le PNF a ainsi notamment requis le renvoi de la BNP Paribas pour des faits de blanchiment aggravé en raison du rôle central joué par la banque dans les malversations. Selon son réquisitoire, la première banque française « ne pouvait pas ne pas avoir connaissance de l’origine frauduleuse des fonds » qui ont transité par ses comptes entre 1996 à 2008, mais elle a fermé les yeux et même facilité les transactions suspectes (Mediapart, 03/08). Rien de surprenant pour qui connaît le passif du groupe dans les affaires pétrolières françafricaines.

On se réjouit de voir l’enquête bientôt déboucher devant les tribunaux, mais on regrettera que la période incriminée s’arrête à la mort d’Omar Bongo alors que le système a perduré avec la succession dynastique et la prise du pouvoir du fils Ali Bongo. Comme pour l’affaire Elf auparavant, il y a par ailleurs peu de chances que la justice pointe les complicités politiques et militaires françaises qui ont permis le maintien au pouvoir d’une aussi longue kleptocratie gabonaise.

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