
L’ambassadeur de France en Centrafrique, Bruno Foucher, a été rappelé cet été par le Quai d’Orsay et est sous le coup d’une procédure disciplinaire. D’après les informations parues dans Le Canard Enchaîné (12/08), il a reconnu avoir reçu dans ses appartements une trentaine de jeunes femmes âgées de vingt à trente ans, au rythme d’une quinzaine de visites par mois pendant plus de deux ans. Au moins l’une d’entre elles a reçu des enveloppes d’argent. Les services de protection de l’ambassade ont fini par s’inquiéter et ont signalé une faille de sécurité, d’autant plus que l’ambassadeur avait donné comme consigne que l’une de ces femmes reste dans sa résidence même en son absence.
Ce qui est cocasse dans cette histoire, c’est que le diplomate sexagénaire n’a reconnu avoir eu des relations sexuelles qu’avec deux de ces jeunes femmes. On se demande ce qu’il a fait avec les autres. Des parties de scrabble ? Ce qui est déplorable, c’est le signal envoyé à la société centrafricaine d’une diplomatie française sans aucune tenue, ni moralité. Rien de nouveau : allez (re) lire par exemple notre « Dossier Noir » sur Les ambassades de la Françafrique (Michael Pauron, Lux 2022). Mais le moment est mal choisi : Paris souhaite soigner ses relations avec Bangui, qui se réchauffent depuis 2024 – le ministre Jean-Noël Barrot ayant effectué en mars dernier la première visite française de haut niveau depuis 2018.