
Vincent Bolloré est soupçonné d’avoir financé, via sa société Havas, la campagne présidentielle de Faure Gnassingbé au Togo en 2010, en échange de la gestion très lucrative du port de Lomé. En février 2021, suite à une reconnaissance de culpabilité, le groupe Bolloré avait été condamné à une amende de 12 millions d’euros. Mais le plaider coupable personnel de Vincent Bolloré avait été retoqué par la juge Isabelle Prévost-Desprez, qui estimait la peine négociée avec le parquet national financier (375 000 euros) « inadaptée au regard des circonstances de l’infraction et de la personnalité de leur auteur ». Après de nombreux recours dilatoires, le milliardaire doit enfin être jugé pour cette affaire de corruption par le tribunal judiciaire de Paris en décembre (Décolonisons, 05/2026).
Mais, dans une ultime manœuvre, Bolloré a osé porter plainte le 21 mai pour « association de malfaiteurs » et « entrave à l’exercice de la justice » contre certains magistrats (Le Monde, 31/08). Il déplore la façon dont s’est tenue l’audience de février 2021, et la non-homologation par le tribunal de la proposition du Parquet. On peut dire que Bolloré a du culot : le corrupteur, qui a reconnu sa culpabilité, accuse les juges d’être des malfaiteurs car ils n’ont pas accepté la peine que lui-même trouvait raisonnable. Sa fortune ne risque pourtant pas d’être mise en danger, même si l’amende était fortement augmentée. Serait-il vexé de ne pas contrôler toute la justice française ? Ou bien souhaite-t-il encore gagner un peu de temps ? On peut en tout cas affirmer qu’il n’a aucune peur du ridicule !
