
Plus de 200 000 Soudanais·es tué·e·s, un tiers déplacé·e·s, 40 % souffrant de la faim… La guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) – pour contrôler les richesses naturelles (or, pétrole…) et géostratégiques (accès à la mer Rouge et au Canal de Suez) – constitue, selon l’Onu, « la plus grave crise humanitaire au monde ». La France continue néanmoins de fermer les yeux sur le soutien qu’apportent aux FSR, coupables d’actes génocidaires, les Émirats arabes unis (EAU) – avec qui elle se prévaut d’avoir établi « un partenariat stratégique de long terme ».
Dans une récente déclaration (23/06), Paris s’associe à d’autres pays européens pour appeler les belligérants à « désamorcer les tensions » et exhorter ceux qui à l’extérieur les soutiennent à « cesser leurs agissements » – mais sans mentionner les EAU. Elle sait pourtant que du matériel militaire qu’elle leur a vendu est utilisé par les FSR (Décolonisons, 03/2026). Loin de condamner son partenaire émirati et de « [prendre] les mesures qui s’imposent […] pour mettre fin à ce détournement » (comme le lui enjoint le Traité sur le commerce des armes qu’elle a signé), non seulement elle se tait, mais elle continue à lui livrer des armes. Elle en est même son deuxième fournisseur mondial. Et malgré les récentes révélations de Human Rights Watch sur l’implication des EAU dans le recrutement de mercenaires colombiens pour les FSR, c’est toujours le même silence complice. Pas question de compromettre les intérêts de l’impérialisme français dans la région !