
Le 9 septembre, le syndicat français CGT et deux associations kényanes (Oversight Lab et Data Labelers
Association, qui défendent respectivement les droits des travailleur·se·s du numérique et des
travailleur·se·s de l’intelligence artificielle) ont mis en demeure l’entreprise française Teleperformance,
spécialisée dans les centres d’appel et les services numériques, dans la cadre de ses activités au Kenya
(RFI, 18/09). Les trois organisations reprochent à la multinationale de ne pas respecter les droits
fondamentaux de ses salarié·e·s, au regard notamment des obligations de vigilance envers celles et ceux
qui modèrent le contenu en ligne.
Exposé·e·s à des images d’une violence inouïe pendant plus de huit heures par jour, ces personnes
« subissent aussi une très forte surveillance au travail, des pratiques antisyndicales et n’ont pas de
soutien psychosocial. [Elles] risquent de souffrir de stress post-traumatique, d’anxiété... », indique
Anthony Kimani de l’ONG Oversight Lab. Sa présidente, Mercy Mutemi, ajoute que Teleperformance,
qui embauche beaucoup de personnes non-kényanes, « ment à l’immigration en racontant que ses recrues
ne viennent pas pour travailler mais pour suivre une formation », ce qui place nombre de ces salarié·e·s
en situation irrégulière et les pousse à ne pas se plaindre de leurs conditions de travail de peur des
représailles. Si l’entreprise n’apporte pas de garanties d’amélioration dans les trois mois suivant cette mise
en demeure, les organisations pourront saisir le tribunal judiciaire de Paris.