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Matthew et Hunter, suite. Ces deux îlots,...

(mis en ligne le 8 novembre 2026) - Décolonisons, le journal

Matthew et Hunter, suite. Ces deux îlots, inhabités et perdus dans l’océan Pacifique, appartiennent à la France, qui entend bien les conserver, au grand dam du Vanuatu qui ne cesse de les réclamer depuis son indépendance il y a 46 ans (Décolonisons, 01/2026). Après des années de vaines négociations, les autorités ni-vanuatu ont décidé de passer la vitesse supérieure : le 1er septembre, la Cour internationale de justice (CIJ), plus haute juridiction des Nations unies, a annoncé avoir été saisie sur ce dossier par l’ancienne colonie franco-britannique. « Demander la reconnaissance de [notre] souveraineté n’est pas un acte de confrontation, a souligné Jotham Napat, premier ministre du Vanuatu. Il s’agit d’un exercice de nos droits. Il s’agit de régler un héritage colonial non résolu avec dignité, détermination et confiance dans le droit international » (Courrier international, 10/09).

Dans un avis consultatif rendu en 2019 sur un différend similaire, celui opposant Maurice au Royaume- uni autour des îles Chagos, la CIJ avait estimé que le droit à l’autodétermination d’un territoire non autonome impliquait le droit à l’intégrité territoriale. De quoi augurer un jugement défavorable à Paris dans cette affaire. Mais on n’en arrivera sans doute pas là : la France ne se soumettant à la juridiction de la CIJ qu’au cas par cas, elle pourra facilement s’éviter un précédent fâcheux pouvant s’appliquer à d’autres territoires – comme les îles Éparses, revendiquées par Madagascar et les Comores.
Les deux bouts de terre risquent donc de rester encore un moment rattachés à la Nouvelle-Calédonie. Contre l’avis des indépendantistes kanak : « C’est sans ambiguïté que le FLNKS proclame, depuis l’accord de Keamu en 2009, la souveraineté légitime du peuple ni-vanuatu sur ces îlots », a rappelé son président Christian Tein (communiqué, 2/10).

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