Survie

DJIBOUTI : la dictature harcèle encore DAF

Publié le 12 juillet 2003 - Survie

A Djibouti comme au Togo, un dictateur utilise le silence de la France officielle pour réprimer la presse de l’opposition, ses dirigeants et militants. Le cas de Daher Ahmed Farah, dit « DAF », responsable d’un journal et d’un parti est à ce propos éloquent. Arrêté et jeté en prison le 20.avril pour diffamation à l’encontre du chef d’état-major et d’un groupe folklorique militaire et autres « atteintes au moral de l’armée », il est depuis lors l’objet d’une stratégie de harcèlement menée par le pouvoir du président truqueur d’élections Guelleh.

En résumé, et pour rendre hommage au combat de Reporters Sans Frontières, aux côtés de DAF, reprenons les intitulés des communiqués de cette association :

-  le 05/05 : RSF demande la libération de DAF

-  le 03/06 : Libération de DAF

-  le 10/06 : À peine libéré, DAF est replacé en détention préventive

-  le 24/06 : DAF de nouveau libre

-  le 09/07 : DAF de nouveau en prison

Il venait d’obtenir la veille un visa pour la France et nous espérions qu’il puisse se rendre en Europe revoir sa femme et ses enfants… Le voilà de nouveau placé à l’isolement dans une « cellule-toilettes » en cette période la plus chaude de l’année. Sa santé et sa vie sont menacées. Il s’agit d’une énième violation évidente des droits de l’Homme dans ce pays. Le seul crime de cet homme est d’avoir informé l’opinion publique djiboutienne et fait part pacifiquement de son opinion à lui. On veut donc le faire taire et ruiner son journal.

Le silence de l’Elysée est pendant ce temps assourdissant aux oreilles de tous les membres du comité de soutien de DAF qui, outre l’opposition unie, regroupe tous ceux pour qui les promesses de démocratie et de fin de l’impunité ne tombent pourtant jamais dans des oreilles de sourds. M. Chirac a décoré de la Légion d’Honneur le dictateur Guelleh en octobre 2002 et, cette année, l’aide budgétaire de la France à Djibouti a explosé (30 millions d’euros). Certes, les Etats-Unis ont de leur côté versé 31 millions de dollars, preuve s’il en fallait de l’importance stratégique de ce pays de la corne de l’Afrique : la plus grande base de l’armée française sur le continent doit désormais partager ce « terrain de jeu » avec son homologue américaine…

Comme au Togo, les relations néocoloniales menées au nom de la France entre notre pays et Djibouti ne datent pas d’hier. Et, comme pour le Togo, cette histoire honteuse et secrète sera un jour vraiment écrite. Comme pour le Togo, chacun y retrouvera sa véritable place. Comme pour le Togo, nous y veillerons. Ainsi que nous l’écrivions dans un précédent communiqué, « si DAF s’en sort, il le racontera ».

Nous exigeons encore une fois la liberté pour Daher Ahmed Farah.

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