
La coalition Guerre à la guerre organisait un grand weekend de discussions et de mobilisation du 27 février au 1er mars 2026 à la Parole Errante à Montreuil. À cette occasion, Survie a animé une table-ronde intitulée "Guerre, écocides, pillage des ressources : Comment résister ?" enregistrée par la Radio Fréquence Paris Plurielle.
Guerre, écocides, pillage des ressources : Comment résister ? Animée par Camille de Survie. Avec :

Introduction :
Le saviez-vous ? En 2021, l’Union européenne a adopté un règlement sur la finance dite "durable", censé atténuer les investissements dans des domaines polluants. Ce règlement a créé la panique chez les lobbies de l’industrie de la défense. L’ASD, le plus gros lobby européen de ce type, a alors convaincu la Commission européenne que les fabricants d’armes contribuent à la paix, et donc "apportent de facto une contribution essentielle à un monde plus durable". Résultat : des banques européennes financent aujourd’hui les entreprises d’armement avec l’argent des fonds « verts » européens. Ce sont des fonds supposés soutenir la transition écologique des collectivités locales. Parmi les protagonistes on retrouve plusieurs banques françaises, dont le Crédit Mutel, le Crédit Agricole et le champion ultime : la BNP Paribas (condamnée pour complicité d’exactions au Soudan, visée par une plainte pour complicité de génocide au Rwanda et à Gaza, incriminée aussi en Ukraine). Selon une enquête conjointe de médias européens dont Médiapart, ce type d’investissements a triplé en 2022 (début de la guerre en Ukraine) et 2025 pour atteindre les 50 milliards d’euros.
Cette vision "verte" de l’industrie de l’armement a vraiment le sens du timing : elle intervient au moment où les grandes entreprises de l’armement et l’UE prônent le réarmement des armées... mais aussi la militarisation des frontières. En ce début d’année 2026, en l’espace de 2 mois, 600 personnes en exil ont trouvé la mort en Méditerranée.
Au-delà de ces mécanismes financiers, des conflits et agressions armés, actuels ou récents — de l’Ukraine à l’est du Congo, en passant par le Venezuela — montrent de façon frappante que la guerre est souvent liée au contrôle des ressources naturelles : pétrole, terres rares, minerais stratégiques… La boulimie de ces ressources indispensables aux économies des puissances impérialistes semble reléguer au second plan la destruction des peuples et des écosystèmes. Le génocide du peuple Palestinien a été perpétré avec l’équivalent de 10 fois la bombe atomique d’Hiroshima et Nagasaki : c’est la destruction totale de l’ensemble du vivant, des peuples et de leur terre.
Ce génocide, et cet écocide que le droit refuse de caractérisé, ont aussi été perpétrés avec la complicité de l’État colonial français. Septième puissance mondiale, deuxième exportateur d’armes au monde... Le "rayonnement" de le France, "pays des droits de l’Homme’, ne peut être décorrélé de l’héritage d’un empire bâti sur la violence coloniale, sur l’exploitation des corps racisé·es et le pillage systématique des ressources naturelles sur les 5 continents.
La guerre répond non seulement aux intérêts du complexe militaro-industriel — États, industriels, banques, fonds d’investissement, agences de notation, institutions européennes... mais aussi à un projet idéologique qui réaffirme des rapports de domination au croisement de la race, de la classe et du genre, et qui fait de l’extractivisme meurtrier un principe structurant de l’ordre mondial.
Pour contrarier et s’organiser contre les discours qui font de la guerre un horizon pensable, acceptable et même désirable, nous avons le plaisir de recevoir :
• Pierre Douillard-Lefèvre. Le nouveau manuel "Maudite soit la guerre", nous replonge dans les traditions antimilitaristes passées pour en tirer des moyens de résistance à mener aujourd’hui, alors que la distinction en sécurité et défense est de plus en plus obsolète.
• Vincent Rissier. Le livre "Contre l’écologie de guerre" nous permet d’interroger le "greenwashing" du militarisme, donc les justifications écologiques à la militarisation.
• Léa, du Collectif Vietnam Dioxine. Votre analyse de l’empoisonnement à l’agent orange permet de rappeler que l’écocide est une stratégie militaire de destruction assumée et intrinsèque à l’impérialisme, et dont les effets se comptent sur des générations.
• Marie-Laure de Droits et Mouvement Sociaux (porté par Allumeuses). Votre analyse du cadre juridique met en lumière les mécanismes d’impunité protégeant États et multinationales, empêchant la reconnaissance juridique de l’écocide tout en permettant le pillage des ressources et la commission des pires crimes internationaux.
• Lil du comité local des Soulèvements de la Terre Marseille. Votre analyse des guerres et de la militarisation comme des leviers historiques du déploiement du capitalisme fossile dessine pour vous une complémentarité entre les luttes écologistes locales et les luttes antimilitaristes.