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Darfour, qui dit la vérité...

Publié le 1er février 2007 par Sharon Courtoux

Le représentant du Secrétaire général des Nations unies pour le Soudan, Jan Pronk, a été déclaré persona non grata par le gouvernement soudanais le 24 octobre 2006 suite à des critiques qu’il a exprimées à l’égard de ce gouvernement pour ses violations d’accords internationaux et des droits de l’Homme. L’ONU, glissant sous les fourches caudines de Khartoum, a laissé tomber Pronk, remplacé à son poste le 31 décembre. Comme dit la chanson, celui qui dit la vérité... doit être écarté. Dans un récent article, paru sur le site Sudan Tribune  [1] , Jan Pronk stigmatise la timidité onusienne face aux crimes commis au Darfour par Khartoum, en soulignant un point particulièrement inquiétant des négociations menées avec ce dernier. Il s’insurge contre l’établissement d’un mécanisme décisionnel tripartite, exigé et obtenu par Khartoum, chargé de la mise en œuvre de tout accord sur la force hybride, composé de l’ONU, de l’Union africaine, et du gouvernement soudanais ! Ainsi le gouvernement soudanais dispose, au même titre que l’ONU et l’UA, du pouvoir d’accorder ou refuser son consentement à toute décision. Il dispose du pouvoir de veto concernant les mouvements de troupes ou autres dispositifs que l’UA et l’ONU jugeraient nécessaires pour la protection des civiles. Cette situation s’est insinuée dans le décor sans l’aval du Conseil de sécurité, qui semble avoir laissé faire.

Sharon Courtoux

[1] www.sudantribune.com The wrong approach of the UN with Sudan’s government (La mauvaise approche de l’ONU à l’égard du gouvernement soudanais), 14/01.

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