Billets d'Afrique 200 - Mars 2011
Au sommaire de ce numéro
Édito
Hubert Védrine - Diplomatie de l’indignitéSalves
- Laurent Gbagbo - Les Ivoiriens au bord du gouffre /B_post>
- Tunisie - Le maintien de l’ordre, « un savoir-faire français reconnu dans le monde entier » /B_post>
- Ismaël Omar Guelleh - Bientôt la transition démocratique ? /B_post>
- Comores - Mayotte « Au nom de la départementalisation, je te déshumanise ! - Oui, Missié ! » /B_post>
- Rwanda - Wikileaks : une certaine idée de la France et de sa politique étrangère /B_post>
- Denis Robert - La jurisprudence Denis Robert /B_post>
- Maroc - Les voix étouffées des Sahraouis /B_post>
Brèves d’Afrique et d’ailleurs
- Angolagate - Angolagate : Pasqua charge Juppé /B_post>
- Alain Juppé - Juppé, tout change, rien de change … /B_post>
- Libye - In memoriam Kadhafi /B_post>
- Cameroun - Cameroun : des recettes publiques distraites /B_post>
- Cameroun - Crime de lèse-Biya /B_post>
- Tchad - Du Tchad à la Libye, l’Internationale des dictateurs /B_post>
Édito
Diplomatie de l’indignité
Les soulèvements populaires, inattendus mais pourtant prévisibles, qui ont chassé les dictateurs Ben Ali de Tunisie et Moubarak d’Égypte, ont mis en lumière certains des aspects honteux des relations des politiques français avec des régimes réputés corrompus et tortionnaires. Il ne s’agit pas, comme l’a dit Sarkozy, des liens diplomatiques nécessaires avec les autres pays quels qu’ils soient, il s’agit d’une familiarité criminelle établie par nos gouvernants avec des chefs infréquentables de pays pauvres.
Ainsi les dernières vacances de la famille Fillon en Égypte resteront dans l’histoire comme un sommet de l’indignité. Que notre Premier ministre ait accepté ce cadeau poissant de la sueur des pauvres et du sang des torturés, nous inflige une indicible honte.
Les piteuses explications données par François Fillon, à savoir qu’il ne pouvait refuser cette gratification sans offenser un État étranger, sont à la fois risibles et méprisables. Assimiler en effet la diplomatie française à ces compromissions qui amènent la France à être l’obligée des pouvoirs les plus notoirement corrompus, on peut difficilement tomber plus bas.
Nicolas Sarkozy aurait paraît-il recommandé à ses ministres de passer désormais leurs vacances en France. Il était pourtant lui-même, fin décembre 2010, en villégiature privée au Maroc, qui n’est pas un parangon de respect des Droits de l’homme. C’est s’exposer à établir des liens de connivence avec un pouvoir qu’on pourrait être amené à devoir blâmer au nom de « nos valeurs ».
Il paraît qu’il y a une décadence de la France du point de vue diplomatique. L’inconvénient est que ceux qui la déplorent sont ceux qui y contribuent le plus. Le Canard enchaîné du 16 février révèle l’existence d’un certain Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed) financé et coprésidé par le milliardaire tunisien ami de Michèle Alliot-Marie. L’ancienne ministre socialiste Elisabeth Guigou en préside le comité de parrainage, et son mari est délégué général de l’Ipemed. Hubert Védrine et Alain Juppé, siègent également dans ce machin certainement plus rémunérateur qu’utile, qui parasite la diplomatie française. Hubert Védrine et Alain Juppé ont été responsables des relations extérieures de la France respectivement comme secrétaire général de l’Élysée près d’un Mitterrand malade et comme ministre des Affaires étrangères pendant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, accompli par le régime qu’ils protégeaient. On peut penser qu’ils ne sont pas la meilleure enseigne pour la diplomatie de la France.
Rompre avec des dictateurs déchus, voler au secours de la victoire, n’est pas un grand titre de gloire pour la France. On aimerait qu’elle ait conscience de son indignité avant qu’elle n’éclate au grand jour. Juppé et Rocard en chantres de Biya président à vie du Cameroun, Toubon en thuriféraire de Sassou Nguesso président inamovible du Congo Brazzaville, contribuent puissamment à ruiner l’image de la France dans des pays qui subissent des pouvoirs appuyés sur la force des armes.
Il y a les politiques, qui se chargent d’abaisser le prestige de la France par leurs complaisances pour des pouvoirs criminels, il y a aussi le personnel diplomatique fidèle reflet des lâchetés et des connivences des politiques.
Attendre d’être démis pour révéler les vices de la diplomatie française, comme l’a fait Jean-Christophe Rufin, notre ancien ambassadeur à Dakar, dont on n’ose penser qu’il ignorait tout du système françafricain, apparaît plus comme du dépit que du courage politique, qui aurait consisté à refuser cette charge flatteuse ou en tout cas à rompre dès qu’il a eu conscience de ce qu’on attendait de lui.
L’ambassadeur de France en Tunisie Pierre Ménat, vilipendé pour avoir affirmé la solidité du pouvoir de ben Ali au moment de son effondrement, ne faisait que dire ce qu’on avait envie d’entendre. Son successeur a fait mieux. Boris Boillon, nommé le 16 février, n’a pas attendu 48 heures pour se montrer en blanc-bec arrogant morigénant la presse tunisienne, au point de devoir présenter honteusement des excuses. Après le lieutenant-colonel Romuald Létondot, il donne l’image récurrente de l’attitude détestable et anachronique des officiels français en Afrique.
La diplomatie française peut-elle entrer dans l’Histoire ?
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Publications
4 pages "Areva en Afrique" par ,
Areva en Afrique par
Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale par
Petit guide de la Françafrique par
- 388/813 Cameroun
- 567/813 Tchad
- 483/813 Complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda
- 271/813 Paradis Fiscaux et Judiciaires
- 744/813 Rwanda
- 150/813 Affaire Elf
- 178/813 Afrique
- 123/813 Aide Publique au Développement
- 112/813 Algérie
- 149/813 Angolagate
- 142/813 Areva
- 242/813 Armée française
- 139/813 Assassinat du juge Borrel
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- 209/813 Biens mal acquis
- 100/813 BNP Paribas
- 183/813 Bolloré
- 142/813 Burkina Faso
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- 421/813 Dictateurs (Amis de la France)
- 120/813 Diplomatie, business et dictatures
- 166/813 Djibouti
- 183/813 Droits humains
- 102/813 Faure Gnassingbé
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- 560/813 France
- 249/813 Gabon
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- 121/813 Guinée Conakry
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- 375/813 Justice
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- 118/813 Mauritanie
- 273/813 Médias / Communication
- 230/813 Mercenariat
- 164/813 Multinationales
- 336/813 Nicolas Sarkozy
- 162/813 Niger
- 140/813 Omar Bongo
- 153/813 Organisation des Nations Unies
- 172/813 Patrick Balkany
- 280/813 Pétrole
- 270/813 Pillages des ressources
- 106/813 Population victime
- 124/813 Racisme
- 147/813 Répression
- 249/813 République Démocratique du Congo
- 151/813 Soudan
- 428/813 Togo
- 108/813 Total Fina Elf
- 104/813 Ventes d’armes


L’Or noir du Nigeria