Billets d'Afrique 207 - novembre 2011
Au sommaire de ce numéro
Édito
Cameroun - La guerre de Monsieur JuppéSalves
- Comores - Mayotte se rebelle /B_post>
- Nicolas Sarkozy - Power Corporation et Total : de l’Afrique à l’Alberta /B_post>
- Françafrique - La Françafrique peut-elle faire ses valises en 2012 ? /B_post>
- Djibouti - Wikileaks - Djibouti : La France a-t-elle des prétentions territoriales en mer Rouge ? /B_post>
- Paradis fiscaux et judiciaires : les fausses avancées du G20 et de l’OCDE /B_post>
- Cameroun - Cameroun : une mascarade électorale labellisée « acceptable » /B_post>
Brèves d’Afrique et d’ailleurs
- Congo Brazzaville - Sécurité : la France défend toujours son savoir-faire /B_post>
- Libye - Amesys, Sarkozy et Kadhafi, questions en suspens /B_post>
- Bolloré - Prix Pinocchio 2011 /B_post>
- Gabon - La France et le Gabon consignent un militant d’ATTAC /B_post>
- Madagascar - Des révolutions contagieuses ? /B_post>
- Henri de Raincourt - Biens mal acquis : pas de divergence pour de Raincourt /B_post>
- Robert Bourgi - Des breloques et des mallettes /B_post>
- Corruption - Ne pas toucher aux havres de la criminalité /B_post>
Édito
La guerre de Monsieur Juppé
Notre Jdanov national, Alain Juppé, vient de nous gratifier d’un grand moment de propagande à la tribune de l’Assemblée nationale. Interrogé le 11 octobre par le député Serge Janquin sur l’implication de la France dans le soutien au dictateur camerounais Biya, qui s’est fait reconduire au pouvoir pour la sixième fois dans la parodie d’élection du 9 octobre, Juppé a répondu : « Ce que je peux vous dire, c’est que, selon l’Organisation internationale de la francophonie et le Commonwealth qui ont suivi le déroulement de ces élections, on peut considérer aujourd’hui qu’elles ont eu lieu dans des conditions acceptables. »

Relevons le fait qu’il éprouve le besoin de s’abriter derrière l’OIF, caution docile de toutes les élections truquées en Afrique francophone, dont le degré de crédibilité est égal à zéro. Du reste, même elle s’est contentée jusqu’à présent de déclarer que l’élection s’était déroulée dans le calme, ce qui est bien le moins, étant donné le déploiement de force et l’intimidation qui l’ont accompagnée. Notons le mensonge qui consiste à faire croire à une quelconque unité de vues entre l’OIF et les observateurs du Commonwealth qui, malgré leur complaisance, ont évité le ridicule d’une quelconque bénédiction.
Au contraire, leur communiqué du 12 octobre émet de sérieuses réserves sur Elécam, l’organisme chargé de veiller au bon déroulement du vote, jugé peu crédible, et souligne l’abus des moyens de l’État par le parti au pouvoir, le peu de fiabilité de la liste électorale, l’importance de l’abstention. Toutes remarques évidentes pour les observateurs les plus superficiels. Cependant Juppé prétend devant les députés que « le taux de participation n’est pas encore connu ». Soit le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères manque d’informations, soit il veut les dissimuler dans l’attente du mensonge officiel, qui n’a pas tardé : en déclarant un taux de participation de 65 %, la cour suprême du Cameroun a en effet inversé la réalité.
Mais foin des subtilités, ne retenons que le mot « acceptable », qui dit tout de la propagande . Juppé proclame qu’on doit accepter tous les abus patents du pouvoir camerounais, ses trucages grossiers, ses détournements des fonds publics, ses atteintes aux droits des citoyens. Pis, il s’engage personnellement dans la cause du dictateur en enchaînant avec ces mots stupéfiants : « Nous appelons donc la population et la presse camerounaises, ainsi que tous les acteurs politiques du pays, à faire preuve, jusqu’au 24 octobre, date de proclamation des résultats, et au-delà, de modération et d’éviter tout recours à la violence pour faire valoir leurs vues ».
Monsieur Juppé se permet de suspendre la liberté d’expression au Cameroun et d’interdire aux Camerounais tout mouvement de défense de leurs intérêts bafoués. Ils doivent « accepter » de courber l’échine puisque Monsieur Juppé en a décidé ainsi. Cette injonction est sans doute une menace d’intervention pour écraser les contestataires. Mais elle est surtout un aveu de mensonge. Qu’a-t-on en effet à craindre si le vote a été vraiment « acceptable » ?
Suivant la logique toute particulière de la propagande, Juppé s’enorgueillit ensuite d’avoir servi la démocratie en Côte d’Ivoire en noyant dans le sang un contentieux électoral qu’un peu de modération aurait sans doute permis de résoudre en évitant les déchaînements de violence qu’on a vus. Pas de quartier pour ceux qui contestent le choix de Paris au lieu de l’accepter sans discuter. Le même Juppé est allé en Libye exalter la bienheureuse violence qui a permis à la France de « faire valoir ses vues » sur l’idée qu’elle se fait du bonheur des Libyens, y compris par le recours à la pire des barbaries, « acceptable » sans doute elle aussi, en tout cas acceptée avec enthousiasme par les grands défenseurs des droits de l’homme.
À la guerre comme à la guerre !
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- mai22 Toulouse Spectacle "Elf, la pompe Afrique"
- mai23 Toulouse Spectacle "Un avenir radieux"
- mai24 Aubenas conférence-débat : Areva en Afrique
- mai24 Paris Ces paradis fiscaux sous pavillon français
- mai25 Angoulême Survie Charentes aux Musiques Métisses
- mai30 Valence Conférence-débat : Areva en Afrique
Publications
4 pages "Areva en Afrique" par ,
Areva en Afrique par
Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale par
Petit guide de la Françafrique par
4 pages "Que fait l’armée française en Afrique ?" par
- 388/813 Cameroun
- 567/813 Tchad
- 483/813 Complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda
- 271/813 Paradis Fiscaux et Judiciaires
- 744/813 Rwanda
- 150/813 Affaire Elf
- 178/813 Afrique
- 123/813 Aide Publique au Développement
- 112/813 Algérie
- 149/813 Angolagate
- 142/813 Areva
- 242/813 Armée française
- 139/813 Assassinat du juge Borrel
- 446/813 Élections
- 209/813 Biens mal acquis
- 100/813 BNP Paribas
- 183/813 Bolloré
- 142/813 Burkina Faso
- 271/813 Côte d’Ivoire
- 131/813 Censure/Liberté d’expression
- 129/813 Centrafrique
- 161/813 Colonisation
- 121/813 Comores
- 158/813 Conflit armé
- 411/813 Congo Brazzaville
- 282/813 Coopération Militaire
- 102/813 CPI (Cour Pénale Internationale)
- 107/813 Crimes contre l’humanité
- 118/813 Criminalité financière
- 157/813 Darfour
- 214/813 Denis Sassou Nguesso
- 101/813 Dette
- 421/813 Dictateurs (Amis de la France)
- 120/813 Diplomatie, business et dictatures
- 166/813 Djibouti
- 183/813 Droits humains
- 102/813 Faure Gnassingbé
- 813/813 Françafrique
- 560/813 France
- 249/813 Gabon
- 407/813 Génocide
- 121/813 Guinée Conakry
- 313/813 Idriss Déby
- 229/813 Impunité
- 308/813 Jacques Chirac
- 372/813 Justice
- 143/813 Mafiafrique
- 121/813 Mali
- 118/813 Mauritanie
- 273/813 Médias / Communication
- 230/813 Mercenariat
- 164/813 Multinationales
- 336/813 Nicolas Sarkozy
- 162/813 Niger
- 136/813 Omar Bongo
- 153/813 Organisation des Nations Unies
- 172/813 Patrick Balkany
- 280/813 Pétrole
- 270/813 Pillages des ressources
- 106/813 Population victime
- 124/813 Racisme
- 147/813 Répression
- 249/813 République Démocratique du Congo
- 151/813 Soudan
- 428/813 Togo
- 108/813 Total Fina Elf
- 104/813 Ventes d’armes

