Nettoyage

Publié le 12 juin 2014 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Auditionné par la Commission de la défense de l’Assemblé nationale, le 16 avril dernier, sur « la politique de la France au Rwanda », Hubert Védrine confirmait une information capitale. Interrogé par le député socialiste Joaquim Pueyo qui lui demandait : « Est-ce que la France a livré des munitions aux forces armées après le début du génocide ? A quelle date ? », l’ancien Secrétaire général de l’Élysée répondait : « il est resté des relations d’armement et c’est pas la peine de découvrir sur un ton outragé qu’il y a eu des livraisons qui se sont poursuivies : c’est la suite de l’engagement d’avant (…). Ça n’a jamais été nié, ça » (Cf. transcription complète dans Billets n°235, mai 2014). Mais la transcription écrite officielle de l’audition d’Hubert Védrine sur le site de l’Assemblée nationale [1] devient : « La France a livré des armes à l’armée rwandaise à partir de 1990 (…). Cela n’a donc pas de sens de dénoncer ces livraisons d’armes sur un ton outragé, ni de les présenter comme une politique conduite en sous-main. Personne ne les a jamais niées ! ». D’une question et une réponse sur la livraison d’armes « après le début du génocide », on glisse à des livraisons « à partir de 1990 », sans préciser quand elles s’arrêtent. La technique du flou pour éviter une incrimination juridique de complicité de génocide…

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 236 - juin 2014. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
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