Bénin

Lorsque le Dahomey accède à l’indépendance en 1960, il connaît une succession de régimes militaires. L’arrivée de M. Kerekou au pouvoir en 1972 et l’instauration d’un régime à doctrine marxiste-léninisante n’est pas pour plaire à la France, qui tente de le déstabiliser en janvier 1977. L’« opération Crevette » menée sous la houlette de Bob Denard, s’avèrera un fiasco. Kerekou se maintiendra à la tête du Bénin.

En 1990, une Conférence nationale souveraine impose la démocratie à Kerekou. Un nouveau président est démocratiquement élu, Nicéphore Soglo. Kerekou lui succède en 1996 au terme d’un scrutin présidentiel controversé. Malgré le retour aux affaires d’un partie des piliers de l’ancien régime, une nouvelle génération de politiques a émergé.

Kerekou, un peu en retrait du jeu françafricain, est resté un acteur régional important. En mars 2006, Thomas Boni Yayi lui a succédé au pouvoir, à l’issue d’une élection a priori transparente. Après cinq ans d’exercice du pouvoir, le bilan est peu reluisant, l’élection présidentielle de 2011 au terme de laquelle le président sortant a été réélu, est d’ailleurs cette fois vivement contestée par l’opposition. Jusque là admiré pour son respect des libertés civiles, le Bénin a connu un recul net en matière de démocratie : escalade des violations de libertés, en particulier de la liberté de la presse et la liberté syndicale, et multiplication des affaires de corruption.

Le Bénin est également le nouveau terrain d’implantation d’un géant du business françafricain : le groupe Bolloré. En août 2009, Bolloré a obtenu la concession pour 25 ans du Port Autonome de Cotonou, entendant le rendre aussi puissant que le port de Lagos au Nigéria, géant anglophone voisin. Un objectif qui sera probablement atteint grâce à l’augmentation des exportations d’uranium du Niger : Areva a en effet commencé à y exploiter la mine gigantesque d’Imouraren au printemps 2009 et Cotonou s’avère être le principal port de transit pour ses exportations, en particulier vers ses usines d’enrichissement françaises…

Tournée africaine de Hollande : diplomatie, business et dictatures

Françafrique - Survie - 30 juin 2015

Dans ce dossier spécial, Survie décrypte la tournée de François Hollande au Bénin, en Angola puis au Cameroun du 1er au 3 juillet. Au menu : promotion des intérêts économiques français, soutien aux dictatures les plus caricaturales au nom de la lutte contre le terrorisme, au mépris de la démocratie et des droits humains, pourtant mis en avant dans les (...)

Un train de retard

L’optimisme dont aime à faire preuve le FMI pour l’avenir de l’Afrique subsaharienne, se fondant sur la vigueur de la croissance économique dans cette partie du monde, semble particulièrement déplacé à un moment où le continent au contraire s’enfonce dans des conflits d’un autre âge. Il y a là un paradoxe qui demande à être expliqué. Il est incontestable (...)

Bénin
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