Survie

Projet de loi contre les mercenaires : le gouvernement jette le masque !

(mis en ligne le 1er avril 2003)

Communiqué de Survie, le 10/03//2003

Avant l’examen du projet de loi contre les mercenaires, mardi prochain à l’Assemblée nationale, le rapport du député Marc Joulaud [1] indique clairement que le gouvernement a toujours l’intention de recourir à des mercenaires (« corsaires » ou sociétés privées) et n’entend lutter que contre les mercenaires qu’il ne contrôle pas.

Ce rapport, discuté en Commission de la Défense le mercredi 5 mars, affirme que le mercenariat est « un droit reconnu par les États » et que la France n’entend l’encadrer que pour « éviter une mise en cause internationale » !

M. Marc Joulaud, en reprenant des préoccupations de Madame Alliot-Marie, ministre de la Défense, considère que le projet de loi ne récrimine pas le « mercenariat au sens générique » mais uniquement les « soldats perdus » « s’affranchissant de toute allégeance » !

Confirmant les craintes de Survie, M. Guy Tessier, président de la Commission de la Défense, a indiqué que le recours à des mercenaires, par les services secrets français, n’était pas concerné par le projet de loi et devait pouvoir perdurer !

Ce mouvement s’inscrit dans le recours grandissant, par les États occidentaux, à un nouveau mercenariat, mieux contrôlé, plus discret, plus « présentable ».

Il est à présent manifeste que le gouvernement ne prendra de mesures que contre les mercenaires qui gênent son action, et continuera d’avoir recours à des mercenaires « contrôlables » pour les basses œuvres, françafricaines notamment. Le seul avantage, paradoxal, sera l’absence d’incertitude pour les opposants à la Françafrique : tous les mercenaires français non poursuivis seront présumés aux ordres de Paris...

Survie s’indigne de cette réduction caricaturale de l’objet du projet de loi. Nous continuerons de contester radicalement le mercenariat, officiel ou non.

L’association n’est pas seule dans ce combat, ni en France ni à l’échelle internationale, où il convient de le mener à son terme.

[1Rapport sur le projet de loi relatif à la répression de l’activité mercenaire, par Marc Joulaud, au nom de la Commission de la Défense nationale et des forces armées. Rapport n° 671, enregistré à la présidence de l’Assemblée le 05/03/2003, mis en distribution le 07/03//2003, disponible sur http://www.assemblee-nationale.fr/1...

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 113 - Avril 2003
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