Survie

Djibouti : « Aucune question ? »

(mis en ligne le 1er janvier 2005)

Non, aucune question lors de la “discussion” sénatoriale, en novembre, pour accorder « une contribution forfaitaire de 30 millions d’euros par an, versée par la France au titre de la présence de ses forces militaires à Djibouti »  [1], « convention [...] signée à Djibouti le 3 août 2003 » [2].

Nos élus ne voient pas de raison de s’interroger sur le bien-fondé d’une coopération militaire avec un État policier et mafieux dont le chef est soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat d’un magistrat français (le juge Borrel). Les questions ne commencent à poindre que lorsqu’il est trop tard, comme en Côte d’Ivoire à partir de septembre 2002, voire novembre 2004.

Il est pourtant grand temps que la France arrête les dégâts dans une douzaine d’autres “cotedivoires” : l’ensemble des dictatures africaines avec lesquelles nous entretenons une coopération militaire, souvent assortie d’accords de défense, en grande partie secrets, et autres dispositifs qui prolongent ces dictatures. Djibouti vient en tête avec la plus importante base militaire française à l’étranger. La mainmise s’étend au Tchad, au Gabon, au Togo, au Congo-Brazzaville, aux Comores, au Cameroun, au Burkina Faso, à la Guinée, la Tunisie, etc. Il est grand temps qu’un sénateur se lève et demande : « Ne devrions-nous pas apprendre à anticiper ce que nous ne saurons pas arrêter demain ? »

Pierre Caminade

[2Loi n° 2004-1235 du 22/11/2004 autorisant l’approbation de la convention

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 132 - Janvier 2005
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