Survie

Gabon, jan. 06 - 2 : Salves - Bongo sans papiers

rédigé le 1er janvier 2006 (mis en ligne le 1er janvier 2006) - Odile Tobner

Nous ne pouvons résister au plaisir de présenter à nos lecteurs les propos tenus par Omar Bongo dans l’après-midi du 15 septembre 2005, devant l’Assemblée Générale de l’ONU.

En voici la fin :

« Ehhhhh... Les papiers a disparu, vous m’excuserez, maaaiiiis... Bon, alors, je vaaaiiiis... Je disais que... Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, il y a des choses que l’ont dit mais qu’on ne fait pas. Le Gabon a peut-être des atouts, mais j’ai entendu le président du Vénézuela parler et parler... Il a dit beaucoup de choses, je n’en dirai pas autant. Je dis tout simplement que nous avons créé des parcs, et ces parcs nationaux sont à la disposition de tous ceux qui veulent venir investir au Gabon. Avec nous, il y a beaucoup d’autres pays qu’on appelle les pays du bassin du Congo... depuis que nous avons créé ces parcs, depuis que nous parlons de la biosité, personne ne vient. Or, qu’est-ce que nous avons comme richesse ? Pétrole... Pétrole y en a assez... Qu’est-ce que nous avons encore comme richesse ? La Forêt ! Il paraît qu’il y a des écologistes... il paraît qu’on ne peut pas toucher à la forêt... Alors, nous avons trouvé le moyen de faire le parc... et ces parcs, c’est le tourisme, c’est l’écotourisme. C’est pourquoi on donne du Gabon d’abord puisque c’est mon pays... et ensuite de mes collègues du Bassin de Congo, nous vous deman... nous vous lançons un appel à toute la communauté, pour que le bailleur de fond se penche sur ce problème, et fasse chez nous ce que vous avez fait chez nous dans le cadre du tourisme, parce que vous en avez besoin... de la forêt, du carbone... et l’accord de Kyoto est là. C’est pourquoi je vous invite tous à venir investir au Gabon dans le cadre des parcs nationaux. Je vous remercie. » [1]

Péan dit qu’il a « plaisir à discuter avec lui (Bongo) de l’évolution de l’Afrique ». Ils doivent parler en Téké, parce que, pour ce qui est de la langue française, dont le même Péan accuse Kagame de vouloir la faire disparaître d’Afrique, on peut compter sur Bongo pour son élimination.

Péan discute aussi avec Bongo « de la politique française dont il (Bongo) est un fin connaisseur ». Pour cela pas besoin d’être fin connaisseur de la langue française, il suffit de pratiquer la langue des mots-valises (de billets), dont Bongo est un virtuose inégalé.

Ce discours tenu par un Bongo parfaitement incapable d’exposer un sujet important pour le Gabon montre, à qui en douterait encore, le peu d’intérêt que cela a pour lui. Sa seule fonction est de remplir ses poches et celles de ses proches et de ses nombreux amis.

Odile Tobner

[1Pour ceux qui veulent écouter ce sketch :_ www.un.org/webcast/summit2005/statements15.html _ On peut aussi y lire la version écrite, donc le fameux papier égaré :
« Et pourtant nous disposons de nombreux atouts pour la mise en place de partenariat porteur de développement et de progrès. Parmi ceux-ci je citerai, en guise d’illustration, celui de l’environnement et de la biodiversité  ».

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 143 - Janvier 2006
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