Survie

Total toujours « solide » en Afrique

rédigé le 4 mai 2013 (mis en ligne le 7 mai 2013) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

La presse économique commente l’annon­ce des résultats du premier trimestre 2013du groupe Total en titrant sur une « chute des bénéfices ». L’entreprise, connue pour ses bonnes capacités « d’optimisation fiscale » [1], a tout de même engrangé 2,86 milliards de bénéfice net ajusté.

Le PDG, Christophe de Margerie, a salué des « résultats solides », notamment grâce à l’historique activité de la multinationale en Afrique. En attendant que les différentes législations imposant la transparence aux multinationales soient effectives, on s’en référera aux tableaux grossiers qui indiquent la production continent par continent, et où l’Afrique reste incontestablement la première.

Ainsi, parmi les « faits marquants » mis en avant par le communiqué de Total pour expliquer cette solidité, on trouve la « découverte » d’une « huile de bonne qualité » au large de la Côte d’Ivoire, « près des découvertes récentes au Ghana » annoncée le 25 avril. Mais surtout, une des « grandes réalisations » du trimestre : le lancement du développement de Moho Nord au large du Congo-Brazzaville, le « plus gros projet au Congo » jusqu’à ce jour d’après l’AFP. Total, affirme d’ailleurs opérer « 60 % de la production nationale » congolaise. On se souvient que le dictateur du pays, Denis Sassou Nguesso, avait justement reçu en audience particulière Vincent Bolloré et Christophe de Marjorie lors de cette scandaleuse visite auprès du président Hollande au début du mois d’avril.

L’Élysée ne s’est même pas donné la peine de prétendre avoir abordé les questions de Droits humains ou de démocratie lors de cette visite dictatoriale. Mais heureusement, Total indique œuvrer pour le bien-être des Congolais : « En république du Congo, comme dans l’ensemble des pays où il opère, Total assume pleinement ses responsabilités vis-à-vis des communautés locales et dans le domaine de la protection de l’environnement. Le Groupe soutient en République du Congo des projets à long terme dans les domaines de l’éducation, de la santé, du développement économique local et de l’environnement. » [2]

[1En 2010, malgré 8 milliards de bénéfices, des enquêtes de journalistes révélaient que le groupe ne payait « pas un centime d’impôt dans l’hexagone »

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 224 - mai 2013
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