Survie

Guerre informationnelle et stratégies de communication

rédigé le 10 février 2021 (mis en ligne le 22 février 2021) - Raphaël Granvaud

Tandis qu’un rapport commandité par Facebook lève le voile sur les douteuses méthodes d’influence mises en œuvres par « des individus associés à l’armée française » en Centrafrique et au Mali, le ministère des Armées se dit lui victime des mêmes procédés de désinformation au sujet d’un bombardement de Barkhane qui a très vraisemblablement occasionné des victimes civiles.

Les questions de (contre-)propagande, de « manœuvres médiatiques », ou d’ « opérations psychologiques » pour accompagner et soutenir les opérations extérieures ne sont pas nouvelles, mais elles semblent susciter un regain d’intérêt au sein de l’institution militaire, en lien avec l’usage des réseaux sociaux. En août 2018, le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS, dépendant du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères) et l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM, dépendant du ministère des Armées), produisaient conjointement un rapport, salué par la ministre des Armées, sur « Les Manipulations de l’information » susceptibles de menacer les intérêts français, y compris en Afrique. Le 14 juillet 2020 dans Le Monde, le général Lecointre, chef d’état-major des armées, confirmait l’élaboration d’« une doctrine de "lutte informationnelle dans le cyberespace" » : « Nous assumons d’utiliser des armes cyber (…) Les armées mènent la guerre informationnelle sur les théâtres extérieurs. » (Il démentait au passage l’utilisation « de contre-propagande auprès de l’opinion publique française. »).

« La ruse, la déception ou la désinformation »

Peu après, un article intitulé « L’armée de terre s’entraîne à la guerre informationnelle » (Le Figaro, 08/10/20), rapportait les préoccupations du chef d’état-major de l’armée de terre, le général Burkhard, qui, comme ses collègues, s’emploie depuis quelque temps à préparer les esprits à « un nouveau cycle de conflictualité » de « haute intensité » : « La vraie rupture se trouve dans le champ informationnel. (…) Sachons répondre aux stratégies indirectes. Réinvestissons des champs que nous avons délaissés : la ruse, la déception ou la désinformation ». « À l’état-major des armées, on assume s’être lancé de manière déterminée dans la guerre informationnelle sur la zone Afrique », nous confirmait Le Monde (18/12/20), avant que Florence Parly elle-même n’explique aux Parlementaires : « Il faut vraiment avoir conscience que le champ informationnel est devenu un champ de confrontation (…) à part entière. Il faut y être présent et nous nous y employons. » (Audition devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, 12/01). Si tout le monde semble convaincu de l’importance des phénomènes analysés par le rapport du CAPS et de l’IRSERM, l’une de ses premières recommandation semble en revanche totalement passée à la trappe. « Ne pas céder à la tentation de la contre-propagande », conseillaient en effet les auteurs, citations savantes en renfort : « Comme l’écrivait déjà Fred Iklé en 1989, "la vérité est la meilleure arme POLWAR [de guerre politique] et PSYOP [de guerre psychologique] des démocraties" car "les buts de la démocratie ne peuvent être accomplis qu’avec des méthodes compatibles avec la démocratie [1]." Pour les démocraties, la meilleure réponse aux manipulations de l’information reste "une preuve factuelle convaincante fournie au bon moment [2]" ». Si les déclarations précédemment citées du général Burkhard ne suffisaient pas à s’en convaincre, deux faits de l’actualité récente sont venus confirmer que « vérité » et « preuve factuelle » ne font toujours pas partie de l’arsenal militaire français.

Facebook ne like pas l’armée française

Le 15 décembre, Facebook a par exemple dévoilé une partie des tactiques de la « guerre informationnelle » française en Afrique. L’entreprise a annoncé avoir démasqué et supprimé trois réseaux de faux comptes utilisés à des fins de propagande depuis 2018 : deux d’origine russe et un troisième lié à l’armée française. Les comptes russes sont clairement désignés comme l’œuvre des « usines à trolls » d’Evgueni Prigojine, l’oligarque fondateur de la société militaire privée Wagner. Côté français, en revanche le communiqué de Facebook déclare : « Bien que les personnes derrière [cette campagne coordonnée] aient tenté de cacher leur identité, notre enquête a révélé des liens avec des individus associés à l’armée française » (jeuneafrique.com, 16/12), laissant planer le doute sur la nature exacte de cette association. Le rapport commandité par Facebook, co-signé par une entreprise spécialisée dans l’analyse des réseaux sociaux (Graphika) et par l’Observatoire d’Internet de l’université de Stanford, affirme n’offrir « aucune preuve d’une participation institutionnelle » française. « Le fait que les forces armées françaises soient directement ou indirectement à l’origine de cette campagne fait toutefois peu de doutes », note Mediapart (18/12). Un sentiment qui semble largement partagé à la lecture des articles parus dans les autres médias et que les militaires français n’ont pas démenti.

Fake news, sexisme, homophobie, xénophobie

Le rapport Graphika/Stanford détaille le modus operandi de ces faux comptes qui visaient surtout à contrer l’influence russe et à promouvoir la présence militaire française en Centrafrique. « À la différence des faux comptes russes, ils ne sont pas allés jusqu’à tenter d’interférer dans les affaires électorales en soutenant explicitement des candidats à l’élection présidentielle [centrafricaine] du 27 décembre 2020. Voilà pour la différence de fond. Mais sur la forme, relèvent également les chercheurs, les frenchies ont fini par adopter les mêmes armes que leurs cyber-adversaires », commente Mediapart. « Afin de contrer les Russes, les faux comptes français ne s’en sont pas tenus aux invectives : ils ont également choisi de diffuser des mensonges. Circonstance aggravante, ils l’ont fait sous couvert de lutte contre les fake news », photo truquées et stéréotypes racistes sur les Russes à l’appui. Le rapport dépeint « une opération peu glorieuse », résume le journal en ligne « avec des faux comptes qui, non contents d’être insultants (y compris sexistes et homophobes), se sont également révélés dangereux, diffusant des mensonges et attisant le complotisme qu’ils disaient combattre. » L’efficacité de ces manœuvres paraît toutefois limitée : « La page Facebook la plus performante de l’opération d’influence française en RCA (le groupe "anti-fake news centrafrique") comptait 34 followers, contre 50 000 pour la meilleure page russe. »

La communication s’ensable au Mali aussi

« Le trolling français relatif au Mali a, semble-t-il, un peu mieux marché, avec une page comptant jusqu’à 4 000 followers  », poursuit Mediapart. Là, il s’agissait surtout de faux comptes qui avaient pour fonction de contrer la propagande djihadiste. Mais certains également « se faisaient passer pour des Maliens locaux » et « louaient par exemple l’intervention française au Sahel », ou la présence de la Minusma, rapporte Le Monde (15/12). Les réseaux sociaux ne font toutefois pas tout et les bonnes vieilles méthodes n’ont pas disparu. Quelques jours après cette affaire, le chercheur Yvan Guichaoua signalait sur son compte Tweeter (29/12) un tract distribué dans la région de Tombouctou. On y voit la photo d’« un soldat survolant le désert depuis un hélico, main sur la mitrailleuse, avec l’inscription " BARKHANE DJAWANE INNIYATE" », soit « Barkhane garde un œil sur vous ».

Un autre utilisateur de Tweeter publiait alors la photo d’un tract précédent, montrant des drones volant dans le ciel et intitulé « Barkhane vous voit, même cachés ».

L’authenticité de ces tracts a toutefois été mise en doute par certains, comme le député ex-LREM mais toujours macroniste Thomas Gassiloud, membre de la commission de la défense nationale et des forces armées. Selon lui, l’« information non confirmée (...) ressemble plutôt à une opération de désinformation » (Tweeter, 29/12).

Il n’est pas encore certain qu’il s’agisse d’une opération de communication particulièrement stupide de l’armée française, visant à intimider les populations susceptibles de soutenir les djihadistes, plutôt que d’une manipulation visant à exacerber l’hostilité des populations à l’encontre de Barkhane. Mais selon une source locale, la première hypothèse paraît la plus probable..

Fort soupçon de bavure

C’est aussi en victimes de la « guerre informationnelle » que se posent les militaires français dans la récente affaire du bombardement à proximité du village de Bounti, dans la région de Douentza au Mali. Le 3 janvier, des avions de chasse français ont largué trois bombes sur un groupe d’une quarantaine d’hommes. Des villageois et une association peule assurent alors que le bombardement, qui a fait une vingtaine de morts et plusieurs blessés, a frappé des civils réunis dans le cadre d’une cérémonie de mariage. Sollicité par des journalistes, l’état-major des armées a attendu deux jours avant de se fendre d’un communiqué, tandis qu’étaient distillée par « certaines sources » dans la presse française « l’hypothèse d’une manipulation de l’information » (Le Monde, 06/01) comme c’est l’usage dès que des militaires français sont mis en cause. Dans son communiqué, l’état-major assure que c’est un « groupe armé terroriste » qui a été frappé et que « les allégations consécutives à la frappe relèvent de la désinformation ». Il donne également des précisions sur les circonstances de ces tirs : « Dans cette zone, plus d’une heure avant la frappe, un drone Reaper a détecté une moto avec deux individus au nord de la RN16. Le véhicule a rejoint un groupe d’une quarantaine d’hommes adultes dans une zone isolée. » Il certifie que la fiabilité de l’observation et du renseignement collecté (dont il ne précise pas la nature), exclut « la possibilité d’un dommage collatéral ». « Aucun élément constitutif d’un rassemblement festif ou d’un mariage n’a été observé », insiste l’armée française. D’ailleurs « l’observation de la zone pendant plus d’une heure et demie a également permis d’exclure la présence de femmes ou d’enfants ». Sauf que « dans cette région sous emprise jihadiste, les mariages ne sont jamais “festifs”, expliquent tous les connaisseurs de la zone, car de telles cérémonies sont strictement prohibées », rappelle Libération (07/01). De la même manière, la séparation des hommes et des femmes en groupes distincts répond aux consignes strictes des islamistes qui contrôlent la zone. Selon certains témoignages, des djihadistes pourraient avoir été présents pour surveiller le déroulement du mariage, comme ils le font couramment.

Paroles contre langue de bois

Plusieurs zones d’ombres demeurent dans les témoignages des rescapés, certains évoquant des tirs et la présence d’un hélicoptère, ce que réfute l’état-major. Mais les versions fournies par les états-majors français et malien diffèrent également sur plusieurs points, comme la durée de « plusieurs jours » de l’opération de renseignement qui aurait précédé la frappe selon les Français. Alors qu’une opération conjointe des deux armées était en cours, ces divergences ont alimenté des spéculations sur le rôle de l’armée malienne. Le journaliste spécialisé Défense Jean-Marc Tanguy se demande également pourquoi les rescapés restés sur zone n’ont pas été bombardés à leur tour, si les militaires français étaient si sûrs d’avoir à faire à des « terroristes » (Blog Le Mamouth, 07/01). En revanche, la tenue d’un mariage et de victimes civiles semblent corroborées par de nombreux témoignages, recueillis par des journalistes ou des ONG telles que Médecin Sans Frontière ou Human Rights Watch. Selon un chercheur de cette dernière, Jonathan Pedneault, « les allégations sont suffisamment crédibles pour mériter une enquête indépendante et impartiale de la part des autorités françaises » et l’ouverture d’une procédure par « la justice française » (Libération, 21/01). Certes, l’opération Barkhane fait « l’objet de manipulations en ligne », rappelle un journaliste de Libération (16/01), mais dans le cas présent, « que faire des témoignages recueillis ? Ils ne seraient que des faux, imaginés en vitesse et de façon concertée ? Aucun interlocuteur du ministère n’est capable de répondre, en on ou en off, à cette interrogation. » Par ailleurs, rappelle Tanguy, « dans leurs chasseurs, les équipages doivent prendre leur décision avec des jumelles, ou sur un moniteur monochrome de la taille d’un gros paquet de cigarettes » (Blog Le Mamouth, 06/01). Et les Français ne seraient pas les premiers à avoir confondu un mariage avec un groupe armé : des précédents existent en Irak et en Afghanistan...

Communication autiste

Depuis pourtant, le ministère des Armées s’accroche à ses éléments de langage et demande à être cru sur parole. Lors de sa dernière audition devant les parlementaires, la ministre française des Armées a réaffirmé que cette frappe « était dirigée contre un groupe armé terroriste (…) affilié à al-Qaïda ». « Il n’y a pas eu de dommage collatéral observé. On a entendu parler d’un mariage : il n’y a pas eu de rassemblement festif à l’endroit où la frappe est intervenue », a-t-elle répété, assurant ne communiquer que sur « des faits qui ont été vérifié, recoupés et recoupés à nouveau (…) Ensuite, il y a les rumeurs et elles ont été fort nombreuses à se déployer sur les réseaux sociaux (…) Nous savons qu’il existe une sorte de guerre informationnelle et donc il n’est pas totalement innocent que cette sortie médiatique intervienne à un moment où les groupes terroristes, en particulier le RVIM [acronyme utilisé par l’armée française pour désigner le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, GSIM] qui a communiqué pour expliquer qu’il était temps que les armées françaises quittent le Sahel. Il n’est pas tout à fait anodin que nous ayons pu lire non seulement dans les réseaux sociaux mais aussi dans certains médias qu’il pouvait s’agir d’une bavure ». Médias et ONG sont donc simplement manipulés par les djihadistes... Cette fois, même l’enquête interne qui lave plus blanc n’a pas été jugée nécessaire. Seule la division des droits de l’homme de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) a annoncé avoir initié une enquête. Encore faudra-t-il que l’armée française ne lui savonne pas la planche, et qu’elle accepte de collaborer en fournissant les éléments matériels dont elle dispose et qu’elle refuse de communiquer à la presse ou aux parlementaires. Or les rapports entre les militaires français et les enquêteurs de la Minusma ne sont pas au beau fixe, les premiers reprochant aux seconds une trop grande curiosité quant à leurs activités, qu’il s’agisse de précédentes bavures (cf. Billets d’Afrique, n°268, juin 2017) ou du respect des droits des personnes interpelées par les militaires français.

Toute la lumière ?

« Il est important de faire la lumière sur tout cela », ose même la Ministre des Armées lors de son audition. « La solution (…) consisterait à déclassifier la bande vidéo filmée par le “moyen ISR” [[Intelligence, Surveillance et Reconnaissance] […], et la diffuser en guise de bonne foi », note Jean-Marc Tanguy, cité par Mediapart. Une suggestion depuis reprises par plusieurs journalistes, militants ou même des parlementaires. « Le président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, Christian Cambon, a lui aussi interpellé Florence Parly sur ce sujet mercredi, sur un ton tout sauf polémique », rapporte Libération (21/01) : « Est-ce qu’on ne peut pas avoir des preuves, des photos ? Les forces armées ont dit les avoir, mais nous ne les avons pas, l’opinion publique ne les a pas. » Une demande catégoriquement refusée par la ministre des Armées : « Montrer des images, c’est montrer à nos ennemis ce que nous voyons de lui. C’est tout le problème. […] Il serait plus simple de partager certaines images et vidéos, mais les conséquences de cette révélation publique seraient importantes pour la conduite de nos opérations sur le théâtre. » Pourtant le ministère des Armées n’avait pas eu ces pudeurs quand il s’était agi de communiquer sur la « neutralisation » du chef jihadiste Abdelmalek Droukdel, photos et vidéo à l’appui, rappelle le journaliste. « Les parlementaires, sénateurs et députés, pourraient décider de ne pas en rester là. Le droit français autorise depuis 2015 certains d’entre eux à saisir la commission du secret de la défense nationale (…) Joint vendredi matin, Christian Cambon indique à Libération qu’il est en train de consulter le président du Sénat sur la saisine de la CSDN. "La question est posée", dit le sénateur, qui préférerait ne pas avoir à en arriver là pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire. » On le comprend. Quand on s’est, depuis si longtemps, résigné à n’exercer aucun contrôle sur l’institution militaire, ce doit être un véritable crève-cœur.

Crise de confiance

Même les journalistes spécialisés Défense, qui se plaignent depuis plusieurs mois de la manière dont ils sont traités par le ministère des Armées, se désolent de la stratégie de communication de leur institution préférée. Ils regrettent aussi la réduction drastique du nombre de journalistes embedded sur Barkhane (Blog Le Mamouth, 13/01) et la part de plus en plus importante prise par les « influenceurs », jusque dans les conférences de presse (Blog le Mamouth, 10/12/20). Récemment, le ministère des Armées a créé un poste de porte-parole du ministère, rôle jusque-là dévolu à la Délégation à l’information et à la communication de la Défense (DICOD). Certains veulent y voir une réaction « au mouvement de grogne d’un certain nombre de journalistes spécialisés » (Blog Lignes de défense, 10/12/20). Si le ministère réussit à renouer avec les journalistes Défense, pas sûr en revanche que cela suffise pour gagner la bataille de l’opinion. Pour la première fois, selon un sondage Ifop-Le Point (LePoint.fr, 11/01), la moitié des Français (51 %) désapprouveraient les opérations militaires françaises au Mali. Généralement, les opex bénéficient d’une très bonne image, avec des taux de satisfaction souvent supérieurs à 80 %. Après la mort des 13 soldats français dans un accident d’hélicoptère en novembre 2020, les opinions favorables s’élevaient encore à 59 %. « Si l’on poursuit dans cette dynamique, l’opération sera de plus en plus difficile à justifier pour l’exécutif dans les mois à venir », prévient Jérôme Fourquet de l’Ifop. « À titre de comparaison, l’intervention en Afghanistan avait débuté au lendemain du 11 septembre 2001 avec 55 % d’opinions favorables, pour tomber à 24 % en 2011, juste avant le retrait des troupes françaises. » L’institut de sondage note par ailleurs une évolution surprenante des soutiens à l’opération Barkhane en fonction des sympathies politiques : si l’on compte sans surprise 66 % d’opinions favorables parmi les sympathisants LREM, ils sont 61 % chez ceux du Parti socialiste, 51 % pour les écologistes, 48 % pour Les Républicains, 43 % pour la France insoumise et 38 % pour le Rassemblement National. Si l’armée ne peut même plus compter sur ses soutiens traditionnels...

[1Fred Iklé, « The Modern Context », in Carned Lord et Frank R. Barnett (eds.), Political Warfare and Psychological Operations, Washington DC, National Defense University Press, 1989, p. 7.

[2Linda Robinson et al., Modern Political Warfare, op. cit., p. 232.

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Cet article a été publié dans Billets d’Afrique Février 2021
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