Survie

Soutien de Survie à Naâma Asfari, prisonnier politique saharoui en grève de la faim illimitée

Publié le 17 juillet 2026

Le militant de la cause sahraouie Naâma Asfari a entamé le 8 juin dernier une grève de la faim illimitée pour protester contre ses conditions de détention. L’association Survie lui apporte tout son soutien dans son combat, ainsi qu’à son épouse Claude Mangin, qui n’a pas eu le droit de voir Naâma depuis 2019.

Claude Mangin avec une pancarte de son époux Naâma Asfari, lors d’une manifestation à Toulouse le 19 avril 2025, dans le cadre de la Marche pour la liberté (photo : Elli Lorz).

Naâma Asfari, juriste sahraoui et défenseur des droits humains et des prisonniers politiques sahraouis au Maroc, est détenu depuis 2010 dans la prison de Kénitra.

Il a entamé le 8 juin dernier une grève de la faim illimitée pour protester contre ses conditions de détention, demander la libération des prisonniers politiques sahraouis et leur transfert auprès de leur famille, ainsi que "protester contre la négligence médicale et les représailles systématiques auxquelles sont soumis les prisonniers civils sahraouis dans les prisons marocaines", selon un communiqué de la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis.

Le peuple sahraoui vit sous le joug du pouvoir marocain, avec le soutien actif de l’Etat français qui protège ses intérêts géostratégiques au mépris du droit international. Avec plusieurs fabricants d’armes français régulièrement accusés de complicité de crimes de guerre comme Thales, Dassault et Safran, l’État français prend une part active dans la répression des Saharoui·es et dans l’exploitation des ressources de leurs terre via la vente de divers équipements militaires.

En 2019, Disclose révélait que "des avions de combats et des navires de guerre fabriqués, vendus et entretenus par la France ont récemment été déployés au Sahara occidental par l’armée marocaine". Une complicité entérinée en 2024 par la reconnaissance par le président français Emmanuel Macron, en dehors de tout cadre juridique, de la « souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental… en échange de la signature de plus de 10 milliards d’euros de contrats avec le Maroc, principalement dans le domaine des énergies.

Survie suit et soutient depuis plus de 15 ans la lutte de Naâma Asfari pour sa libération ainsi que celle du peuple sahraoui pour son droit à l’autodétermination et à la dignité. En octobre 2020, à l’occasion des dix ans de son arrestation, nous avions publié dans Billets d’Afrique un texte dicté depuis sa prison.

Marie Bazin, militante de Survie, avait rencontré des réfugié·es sahraoui·es en février 2022. Claude Mangin-Asfari, femme de Naâma Asfari et militante de Survie, se bat depuis la France pour exiger sa libération, des conditions de détention dignes et le droit de rendre visite à son époux, qu’elle n’a pas vu depuis 2019. L’année dernière, elle a organisé une Marche pour la liberté de 3000 kilomètres entre Ivry-sur-Seine et la prison de Kénitra. A cette occasion, elle nous a accordé deux entretiens, à mi-parcours et à l’issue de la marche.

L’association Survie dénonce les complicités françaises dans l’écrasement du peuple saharoui. Elle s’associe aux revendications de Naâma Asfari et à celles de tous les prisonnier·es politiques sahraoui·es.