Survie

Elections au Togo : encore une fois, une parodie de démocratie

Publié le 16 mai 2003 (rédigé le 16 mai 2003) - Acat-France, Secours catholique, Survie

A deux semaines des élections présidentielles au Togo, une délégation (FIACAT, Secours Catholique et Survie) représentant les associations signataires de la déclaration commune sur le Togo [1] a rencontré un responsable du cabinet du Ministre des Affaires étrangères. Lors de cet entretien du 12 mai, la délégation a rappelé ses vives inquiétudes devant l’absence de transparence et l’iniquité du processus électoral en cours. Elle a insisté sur les violations, nombreuses et permanentes, des droits de l’Homme, dont des sources crédibles et concordantes font régulièrement état. Elle a demandé à la France de se saisir plus fermement de la situation en faisant connaître à son partenaire togolais ses préoccupations, afin que soient respectées les règles démocratiques élémentaires et les droits humains, comme le demande la société civile togolaise.

Le Togo est dirigé depuis 36 ans par le président Gnassingbé Eyadéma, parvenu au pouvoir en 1967 suite à un coup d’Etat. Après une réélection très controversée du président en 1998, la France, avec d’autres partenaires européens, s’était engagée à soutenir un processus devant permettre le rétablissement des règles démocratiques (Accord cadre de Lomé). Les associations constatent que ce processus a été remis en cause par les décisions unilatérales du gouvernement togolais, en particulier la modification en décembre 2002 de la constitution permettant au Président Eyadéma de se représenter, la révision du code électoral en février 2002 interdisant aux candidats en exil de concourir aux élections et la remise en cause du rôle de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et de son statut indépendant en février 2003.

L’augmentation inquiétante des atteintes aux droits de l’Homme, à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, et l’atmosphère de peur qui règne actuellement au Togo, ne permettront pas au peuple togolais de « s’exprimer librement » le 1er juin. Par ailleurs, l’exclusion du principal leader de l’opposition du scrutin et les premières manifestations de contestation, parfois violente, comme l’incendie d’une station Total le 7 mai, laissent présager que le processus en cours de « confiscation des élections » met en péril la paix sociale du pays.

Le gouvernement français « a formé le vœu que la campagne qui s’ouvre permette à toutes les opinions politiques de s’exprimer à travers un processus électoral transparent ». Nos associations lui demandent d’adopter une position plus ferme afin que la sécurité de tous les membres de la société civile, et notamment des partisans de l’opposition, soit garantie, que tous les partis concourant à l’élection aient un accès égal et libre aux médias, et que la CENI, en l’absence de toute observation internationale crédible, retrouve son indépendance et son rôle d’organisation et de supervision des élections.

Contacts presse :

- ACAT : Hélène Palard, Tel : 01 40 40 42 43, helene.palard@acat.asso.fr

- SECOURS CATHOLIQUE : Département Relations Médias, 01 45 49 73 23 dept-relations-medias@secours-catholique.asso.fr

- SURVIE : Sophie Brondel, 01 44 61 03 25, sophie.survie@wanadoo.fr

Ci-joint la déclaration commune du 5 mai 2003 sur le Togo :

déclaration commune sur le Togo
déclaration commune sur le Togo

[1Signataires de la déclaration : Acat France, CEVAA, Justice et Paix France, Service protestant des Missions-DEFAP, Secours Catholique-Caritas France, Canadian Catholic Organization for Development and Peace, CCFD, Mission de l’église évangélique presbytérienne d’Allemagne du nord, Caritas Allemagne, FIACAT, FIDH, Franciscans International, OMCT, Survie

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